| > Point de vue sociologique | CNH : Christophe Levalois |
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REMARQUES SUR LA SIGNIFICATION DE LA FETE ET D'HALLOWEEN |
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La fête d'Halloween est une vague déferlante qui assaille l'Europe occidentale depuis quelques années et que nous subissons sans comprendre. Très souvent, et de manière erronée, on pense, et il est dit, qu'il s'agit d'une fête provenant de la civilisation celtique. Nous ne nous attarderons pas sur cette question, que chacun prenne la peine de lire des ouvrages sérieux sur cette civilisation. Il apparaîtra alors clairement qu'Halloween n'a de rapport avec la fête irlandaise de Samain -car on ne sait pas si elle était fêtée par les Gaulois - que par la période et l'affirmation selon laquelle durant celle-ci la séparation d'avec l'au-delà n'est pas étanche. Mais déjà nous pouvons observer que l'au-delà des Celtes et celui qui est exposé lors d'Halloween (squelettes, fantômes, monstres divers, etc.) sont totalement étrangers l'un à l'autre. Il y a même inversion si l'on songe aux belles messagères de l'au-delà - le sid - dans les récits irlandais . De plus, les festivités et l'état d'esprit de la fête irlandaise pré-chrétienne étaient tout autant différents. En somme, par le sens et la forme, il n'est pas possible d'établir de filiation. Certes, il a traditionnellement existé des défilés et des cortèges de personnages revêtus de masques et de costumes effrayants dans de nombreuses traditions européennes . Mais, d'une part, ceux-ci avaient principalement lieu durant la période de douze jours qui s'étend du 25 décembre au 6 janvier. C'est le cas des Kallikantzari en Grèce, nommés Lykokantzari en Laconie, des Rogatsia ou Rogatsaria en Thessalie et en Macédoine, d'une coutume appelée Brezaïa en Roumanie, ou encore des Silversterkläuse à Appenzel en Suisse. Les dernières apparitions des personnages monstrueux ont lieu lors des carnavals dans les pays germaniques. En outre, ces coutumes n'avaient pas le caractère morbide que revêt Halloween et relevaient, en ce moment périlleux de l'année où l'on ne sait pas qui va l'emporter des ténèbres ou de la lumière, d'une théâtralisation de la présence et de l'action des démons dans un monde où l'obscurité semble prendre le dessus. Il y a là une pédagogie qui invite à prendre conscience du sens de notre existence et de la nature de notre monde visible et invisible. Pour Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux , la fête est " Concentration du sacré en un temps et un lieu donnés, (…) " Par la fête, l'être humain participe pleinement à celui-ci et peut ainsi recevoir les influences bénéfiques des divinités invoquées. Pour Mircea Eliade, dans Le sacré et le profane , la fête est bien plus que la commémoration d'un événement mythique. Elle est la réactualisation de celui-ci, sa recréation et, par-delà, une participation à celui-ci. Elle rend présent à cette réalité ceux qui y participent et offre ainsi la possibilité de devenir les acteurs engagés d'un acte capital, et même vital, pour notre monde. Ainsi, à Pâques, nous ne sommes pas spectateurs, mais nous vivons la Passion avec le Christ, selon la mesure de notre Foi, nous sommes crucifiés avec Lui, nous mourrons avec Lui, nous ressuscitons avec Lui. Saint Paul (Romains 6, 4-6) le proclame : "Nous avons donc été ensevelis avec Lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. Car si c'est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable ; comprenons-le , notre vieil homme a été crucifié avec Lui, " Sachant cela, nous pouvons nous poser la question suivante : à quoi nous fait participer Halloween ? A quelle édification concourent ceux qui se livrent à ces mascarades morbides et mortifères ? A quelle réalité se rattachent-ils ? Quelles énergies propagent-ils ? Quelle influence spirituelle révèle et diffuse cette fête ? Quel monde instaure-t-on avec celle-ci ? D'autre part, toute fête s'insère dans un cycle liturgique, la plupart du temps annuel. Elle n'a de sens et de valeur que reliée aux autres fêtes de l'année. Le cycle annuel présente une totalité, une unité, dont chaque fête est un aspect et une partie. Ainsi la Nativité, l'Incarnation, trouve son accomplissement à Pâques avec la Résurrection. Les autres temps forts de l'année nous fournissent d'autres enseignements utiles à la construction de cette échelle qui relie la Terre au Ciel. Halloween n'est pas une étape d'un parcours ascensionnelle. Mais elle nous introduit dans un monde sinistre. Elle n'a aucune légitimité religieuse, ni communautaire. Sa signification ne dépasse pas les intérêts commerciaux qui y sont liés et le seul calendrier où elle trouve sa place est celui de la société de consommation. A cela s'ajoute le plaisir morbide qu'éprouvent certaines personnes à célébrer la mort - et par-delà toute destruction-, le crime, le laid et le monstrueux. Sur ce sujet, il y a lieu de s'interroger avec inquiétude sur les ressorts psychologiques d'un tel engouement. Quant aux impulsions spirituelles qui peuvent animer cette célébration, nous pouvons facilement constater qu'il n'y a dans Halloween aucune élévation, aucune libération, aucune espérance, aucune lumière. Dès lors, il est évident qu'elle véhicule, et amplifie par les énergies réunies de tous les participants, des influences qui abaissent, avilissent, et enferment l'être humain dans un monde ténébreux. Christophe Levalois |




