> Point de vue catholique

Source : Pierre Pétrus Secrétaire du CNH

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HALLOWEEN, UNE FÊTE PEU CATHOLIQUE

Sommaire

 UNE FETE DU "NOUVEAU MONDE" ISSUE D'UN MONDE DISPARU.

 UNE APPARENCE "LUDIQUE" MAIS UNE REALITE BEAUCOUP MOINS "JOYEUSE"

 LES ANTIDOTES A CETTE "CULTURE DE MORT"

 CONCLUSION ET PERSPECTIVES



Cette "fête" prend depuis quelques années une importance démesurée. En effet, il n'est pas un magasin, pas une école (parfois même catholique), pas un restaurant, pas un lieu public, qui ne soit décoré de squelettes, de fantômes, de chats noirs, d'araignées, de vampires, de sorcières édentées chevauchant un balai déplumé. Sans oublier, bien sûr, les inévitables citrouilles évidées au sourire stupide et grimaçant. Force est de constater que cette fête, avec tout le matraquage médiatique et mercantile qui la suscite, tend à supplanter dans la conscience collective celle de la Toussaint et celle des "fidèles défunts" - improprement nommée " fête des morts " - du jour suivant. Si cela était possible, ce serait au contraire ces deux fêtes de l'Eglise Universelle qui pourraient passer sans un proche avenir pour des superstitions issues de " l'obscurantisme moyenâgeux. " !

Etrange renversement des rapports en vérité, portant la marque pour ne pas dire la griffe de cette subtile perversité caractérisant la modernité. Tout se passe comme s'il n'était rien advenu depuis les antiques superstitions des civilisations passées jusqu'à l'aube du vingt et unième siècle. Il semblerait bien que la Nouvelle Evangélisation à laquelle nous appelle le Saint Père dans la continuation du Concile Vatican II, passe aussi par une ré-Evangélisation du vieux continent. Surtout à un moment où l'on assiste à la résurgence de nouvelles formes de paganisme, résurgence dont Halloween est assez représentative.

Les réflexions qui suivent s'interrogeront d'abord sur les origines de cette fête. Ensuite, sur le sens réel qu'elle peut avoir dans le contexte actuel, au delà de l'aspect ludique qu'on cherche à lui donner. Enfin, sur le sens chrétien que l'Eglise a su lui donner dans les siècles passés et qu'il faut retrouver.

 I) UNE FETE DU 'NOUVEAU MONDE' ISSUE D'UN MONDE DISPARU.

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Comme bien des fêtes dites populaires, il est difficile d'en retracer l'origine. Si, comme nous le verrons, l'origine du mot relève d'un certain consensus, il n'en va pas de même pour celle de la fête. Païenne ? Chrétienne ? Celte ? Satanique ? On peut donc difficilement y trouver une seule réponse, une seule théorie sur son origine.

Une hypothèse pour des origines très incertaines ...

Nul doute qu'il y eut une civilisation celte, pour peu que le mot civilisation ait eu un sens à l'époque considérée. Il faut pourtant bien avouer que l'on en sait, à vrai dire, très peu de choses. Les Celtes en effet n'ont pas laissé d'écrits. Leur art et leur culture restent silencieusement gravés dans la pierre ou se laissent deviner dans des textes de l'après-christianisation, tels le célèbre "Book of Kells", auquel l'art de l'enluminure médiévale doit certainement beaucoup, ou encore les célèbres contes et légendes chevaleresques tels ceux des Chevaliers de la Table Ronde, du Graal etc.

Comme toutes les civilisations disparues, les Celtes avaient certainement des rites et des traditions évoquant le passage dans l'au-delà. Une théorie très répandue relie donc Halloween aux Celtes vivant en Irlande, en Ecosse et en France avant la christianisation de ces régions.

Selon les spécialistes, la nouvelle année du calendrier celte étant située au 31 octobre, les Celtes y célébraient leur Nouvel An. Mais certains parlent d'un dieu nommé Samain (ou Samhain), le dieu des Morts. Samain réveillait ce soir-là des hordes d'esprits maléfiques et la tradition voulait que les druides, la caste sacerdotale de cette civilisation, allument de grands feux afin de repousser tous ces esprits. Les Celtes, pour qui elle était la dernière soirée de l'année, y auraient vu le moment le plus propice à l'examen des présages du futur. Ils croyaient semble-t-il également, que ce soir-là les esprits des morts revenaient dans leurs demeures terrestres.

Telle est l'hypothèse communément admise.

Un seul problème cependant : les historiens n'ont jamais trouvé de mention d'un tel dieu celte : Tout ce qu'ils ont découvert c'est que le mot "Samhain" signifie plus simplement "la fin de l'été". Ceux qui voudraient encore que l'Halloween actuelle soit directement liée aux Celtes, avec son cortège de chats noirs, de sorcières, de vampires, de revenants et de citrouilles, doivent réviser cette conception . Les symboles qui y sont liés sont tout à fait anachroniques avec sa supposée origine. L'Halloween ne nous est certainement pas parvenue directement des Celtes et de leurs druides. Tout au plus, peut-on affirmer un lien très ténu entre l'Halloween et le Nouvel An celte. L'Eglise catholique aurait-elle déplacé cette fête du calendrier chrétien pour éviter toute confusion avec une fête païenne dégénérée ? Ceci est plus que probable.

...mais une seule certitude : l'Evangélisation

Cette 'civilisation' celte, ou du moins ce qui en subsistait sous forme de superstitions, est alors absorbée, baptisée, par le Christianisme qui lui donne un sens nouveau. Les cultes réduits à une crainte superstitieuse envers les éléments naturels et surnaturels peuvent devenir "l'action de grâce" envers Celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie. La crainte de la mort fait place à la certitude de la résurrection et de la vie éternelle c'est à dire à la joie.

[note1] Par exemple, l'antique déesse-mère vénérée Belen trouve alors un sens nouveau dans la Vierge Marie, Mère du Verbe, et le dieu de la lumière Lug dans la lumière pascale du Ressuscité, Prêtre, Prophète et Roi, Origine et Fin de toutes choses. Ce n'est donc évidemment pas pour rien que les plus beaux édifices et lieux de pèlerinages de la chrétienté, furent toujours précédemment des lieux de vénération de dieux ou de déesses celtes. Les saints d'origine celte Patrick, Colomban, Colomba, Malachie (évêque d'Armagh en Irlande, mort dans les bras de Saint Bernard à Cîteaux), connaissaient toutes les croyances des peuples dont ils étaient issus, ce qui leur permettait d'expliciter, d'inculturer, ce sens nouveau dans et par l'Evangile.

Incorporer le prétendu Samain au calendrier catholique prit cependant plusieurs siècles. La Toussaint, célébrée en mai vers le VIIème siècle, fut déplacée au 1er novembre au VIIIème siècle par le pape Grégoire III. Vers 840, le pape Grégoire IV installa la Toussaint, décrétant que ce jour et la veille seraient observés. Odilon de Cluny (Odilon de Mercoeur, chanoine de la basilique Saint-Julien de Brioude, élu abbé de Cluny par les frêres bénédictins) choisit en 1048 le 2 novembre comme jour de la fête des fidèles défunts, qui, comme le dit le Canon de la Messe, " se sont endormis dans l'Espérance de la Résurrection ".

Le mot anglais 'Halloween' viendrait donc cette époque de christianisation. All Hallows' day pour la Toussaint, All Hallows'Even, contracté en 'Halloween' pour la nuit sainte qui précède.

Sur ce point, tout le monde est d'accord.

Un néo-paganisme : Le 'produit' en toc issu d'un monde antique

Il semble que la célébration de la Toussaint et du "All Hallows' Even" ait été transmise en Amérique par les immigrants irlandais gallois et écossais catholiques au début du XIXème siècle. D'Amérique, la tradition se serait retransmise en Angleterre, après avoir subi une "légère" transformation aux Etats-Unis. Les quelques accents celtes et chrétiens que pouvait encore avoir l'Halloween de ces communautés émigrées ont de toute façon vite fait place à la version que nous connaissons, riche du syncrétisme typique de la culture américaine. Ainsi sont apparus les chats noirs, les sorcières et les citrouilles. C'est à la fin du XIXème siècle que Halloween devint une fête nationale aux Etats-Unis, avec ses jeux, ses divinations, et ses coutumes.

[note2] Deux coutumes sont assez symptomatiques de " l'esprit " dont procède Halloween : - Le " Trick or Treat " formule 'magique' que les enfants répètent devant chaque maison. Ou les habitants leur donnent un bonbon, ou les enfants leur joueront alors un mauvais tour consistant, par exemple, à recouvrir leur pelouse de mousse à raser. Ceci ressemble ni plus ni moins à une sorte de 'racket' rituel.
- La légende soi-disant irlandaise de "Jack O'Lantern" : Jack ne peut aller ni au Paradis car il est avare, ni en Enfer car il a trompé le Diable. Il est condamné à errer entre les vivants et les morts avec sa lanterne creusée dans une citrouille (d'où le folklore). Rien de mieux pour préparer des esprits d'enfants à refuser aussi bien le Paradis que l'Enfer, c'est à dire aussi bien l'existence du bien que celle du mal. Tout alors devient relatif ; il appartient à chacun de juger à la lumière de la lanterne dont il dispose dans sa propre citrouille !

De nos jours, il faut savoir que dans cette nation, de nombreux commerçants font plus d'affaires à Halloween qu'à Noël. On peut dire que cette 'liturgie' moderne procède à sa manière à une nouvelle consécration des espèces sonnantes et trébuchantes !

Dans cette culture du "Nouveau Monde", essentiellement fondée sur " l'image ", il y a peu de films, de dessins animés, de feuilletons qui n'aient une scène se déroulant durant cette fameuse nuit. Même si Halloween ne se fête que le 31 octobre, c'est durant tout le mois d'octobre que les enfants américains le préparent. Le thème des déguisements et des décorations tourne autour des sorcières, chats noirs, fantômes, squelettes, diseuses de bonne aventure, vampires, loups-garous, citrouilles... La soirée se terminant chacun à sa guise en chantant, en dansant, en jouant, en se racontant des histoires horribles...

Pour résumer, on peut donc dire que cette fête est une accumulation de superstitions païennes, à l'origine plus qu'incertaine, récupérées par le syncrétisme américain. La puissance des moyens de communication modernes lui permet de s'universaliser et d'en faire une sorte de nouvelle culture. Il faut aussi remarquer que cette tendance à l'universalisation s'adresse surtout aux enfants et aux adolescents.

Pourquoi ? Sans doute parce que dans leur naïveté ils constituent plus facilement des 'cibles marketing' consommatrices de mythe et d'illusion.

 II) UNE APPARENCE 'LUDIQUE' MAIS UNE REALITE BEAUCOUP MOINS 'JOYEUSE'

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Que propose-t-on donc aux jeunes, et ceci dès l'école maternelle ? Tout d'abord, une occasion de plus de faire la fête, de se réunir, de se déguiser. Rien de bien méchant jusque là. Rappelons simplement que d'une part le Carnaval, fête traditionnelle du Mardi Gras, a aussi cette vocation, et que d'autre part , rien n'interdit d'organiser des petites fêtes entre amis.

Dans le cas d'Halloween, fête qui rappelons-le tend à se 'ritualiser' et à 's'universaliser', ce qui semble beaucoup plus inquiétant, c'est le thème autour duquel les enfants sont invités à se 'rassembler' et à 's'amuser'. Le thème de la mort, avec tout son cortège d'images mortifères : les esprits, les fantômes, les vampires, les sorcières et les sorciers. Autrement dit, on accoutume les enfants à tout ce qui touche au monde de la parapsychologie et du paranormal.

[note 3] C'est pourquoi il ne faudrait pas s'étonner outre mesure que la version moderne de cette fête ait commencé à s'élaborer en même temps que la fausse doctrine du spiritisme et de la réincarnation née, comme par hasard, dans la seconde moitié du XIXème siècle aux Etats-Unis.

On peut donc affirmer que cette fête est très révélatrice de la " culture de mort " du monde moderne si souvent dénoncée par le Saint-Père. Halloween propose aux enfants la mort comme sujet d'amusement et de rigolade. Dissociée de son sens chrétien, celle-ci n'est plus qu'un terminus effrayant. Au lieu d'un passage vers la Vie Eternelle, elle devient une sorte de maintien dans un monde intermédiaire multiforme, peuplé d'esprits de toutes sortes, communicant épisodiquement avec le monde des vivants.

Cette idée de la mort suggérée aux enfants sous forme de jeu dès le plus jeune âge, ne peut pas être sans conséquences sur la conception de la vie qu'ils pourront se faire au cours de leur développement :

- Soit la vie sera conçue comme un passage ne menant qu'au néant, et dans ce cas il faudra en 'jouir' à tout prix; et par tous les moyens.
- Soit la mort sera conçue comme une sorte de prolongation de la vie terrestre dans un 'au-delà moins contraignant, et dans ce cas il faudra la rechercher à tout prix.

Dans les deux cas, on sait précisément où cela les amènera...

Loin d'être une fête innocente, Halloween participe d'une véritable entreprise de banalisation de la mort. Même dans les civilisations dites primitives, la mort n'est jamais un sujet de jeu. Dans les cultes animistes, les défunts sont vénérés, invoqués pour leurs 'vertus', - mot qu'il ne faut pas prendre ici dans son acception chrétienne -, de puissance ou de protection. En aucun cas ils ne sont un objet de moquerie et 'le monde des esprits', qu'ils soient bénéfiques ou maléfiques, est l'objet d'une crainte révérencielle.

Halloween n'est pas autre chose qu'une singerie moderne de cultes primitifs. En s'y livrant, les enfants jouent inconsciemment aux 'apprentis sorciers'. Et l'expression est ici parfaitement adéquate.

 III) LES ANTIDOTES A CETTE " CULTURE DE MORT "

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Plutôt que de 'jouer aux apprentis sorciers', l'Eglise propose l'apprentissage de la 'sainteté', qui nécessite, comme tout apprentissage, des 'modèles' à imiter. Ici, il ne s'agit pas de 'jouer', de se déguiser pour 'faire semblant'. Il faut apprendre à 'être'. Selon les critères modernes que l'on cherche à imposer aux jeunes (et aux moins jeunes), il est sûr que c'est bien moins 'éclatant', bien moins 'joyeux', bien moins 'ludique' etc. Et, surtout, bien moins dans l'air du temps c'est à dire bien moins commercial.

Il faut d'abord rappeler, au delà de l'aspect historique des choses, ce que signifient pour l'Eglise la Toussaint et la mémoire des 'fidèles défunts'. Ensuite on pourra se demander comment cette résurgence païenne d'Halloween pourrait être utilisée pour redonner aux enfants le sens d'une fête réellement joyeuse porteuse d'une culture de Vie et non pas d'une contrefaçon complice d'une culture de mort.

La Toussaint, fête de la communion et de l'intercession des saints

Lorsque l'Eglise déclare l'un de ses enfants vénérable, bienheureux ou saint, elle ne décerne pas un titre honorifique quelconque en remerciement de " services rendus " à une institution. Cette déclaration ne dépend pas non plus d'un choix arbitraire du Pape ou de quelques prélats selon des critères sociaux, politiques ou culturels comme ont tendance à le penser trop souvent certains catholiques. Laissons à ce sujet la parole au bienheureux Frédéric Ozanam :

"Un saint patron (...) ce n'est même pas un nom honorable sous lequel on puisse faire bonne contenance dans le monde religieux. C'est un type qu'il faut s'efforcer de réaliser, comme lui même a réalisé le type divin qui est Jésus-Christ. C'est une vie qu'il faut continuer, un coeur auquel il faut réchauffer son coeur, une intelligence où l'on doit rechercher des lumières ; c'est un modèle sur la terre et un protecteur au ciel. Un double culte lui est dû, d'imitation et d'invocation. (...) Les saints qui honorèrent ici-bas leur Père Céleste (...) vivront longtemps ;une immortalité terrestre leur est décernée dans les oeuvres. " (Lettre du 17/5/1848 in " Lettres ", t. I, p. 290-291)

Dans le même esprit, le Catéchisme de l'Eglise Catholique enseigne (§ 957) :

"Le Christ nous L'adorons parce qu'il est le Fils de Dieu ; quant aux martyrs, nous les aimons comme disciples et imitateurs du Seigneur, et c'est juste, à cause de leur dévotion incomparable envers leur roi et maître ;puissions nous, nous aussi, être leurs compagnons et leurs condisciples." C'est pourquoi " nous ne vénérons pas seulement au titre de leur exemple la mémoire des habitants du ciel " car, " tout comme la communion entre les chrétiens nous approche au plus près du Christ, ainsi la communauté avec les saints nous unit au Christ de qui découlent, comme de leur chef, toute grâce et la vie du Peuple de Dieu lui-même ."

Au contraire, Halloween propose implicitement de devenir "condisciples" de sorciers et de sorcières !

Les saints que nous fêtons dans l'Eglise n'ont pas seulement un rôle de modèle. Ils ont aussi un rôle d'intercession : " Etant en effet plus intimement liés avec le Christ, les habitants du ciel contribuent à affermir plus solidement l'Eglise en sainteté. (…) Ils ne cessent d'intercéder pour nous auprès du Père, offrant les mérites qu'ils ont acquis sur la terre par l'Unique Médiateur de Dieu et des hommes, le Christ Jésus (…) Ainsi, leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité. " (§ 956)

La fête des "fidèles défunts endormis dans l'espérance de la résurrection "

Dans la perspective de l'Eglise Catholique, la mort, aussi douloureuse soit-elle pour ceux qui s'en vont et ceux qui restent, n'est ni un terminus, ni le maintien dans une espèce d'état intermédiaire avec lequel les vivants pourraient communiquer, surtout pour jouer à se faire peur.

Là encore, son enseignement est très clair : " Enterrez ce corps n'importe où ! Ne vous troublez pas pour lui d'aucun souci ! Tout ce que je vous demande, c'est de vous souvenir de moi à l'autel du Seigneur où que vous soyez " (§ 1971 note 4, Sainte Monique avant sa mort à son frère et son fils Saint Augustin) ; "Les corps des défunts doivent être traités avec respect et charité dans la foi et l'espérance de la résurrection. L'ensevelissement des morts est une oeuvre de miséricorde corporelle ; elle honore les enfants de Dieu, temples de l'Esprit-Saint. " (§ 2300)

Il en résulte que les squelettes ne sauraient devenir des sujets d'amusement.

"Par la mort, l'âme est séparée du corps, mais dans la résurrection Dieu rendra la vie incorruptible à notre corps transformé en le réunissant à notre âme. De même que le Christ est ressuscité et vit pour toujours, tous nous ressusciterons au dernier jour. " (...) " Par sa mort, Jésus le Fils de Dieu a vaincu la mort, ouvrant ainsi à tous les hommes la possibilité du salut. " (§ 1015)

Sans multiplier les citations, on voit bien que pour l'Eglise Universelle la fête de la Toussaint et celle des fidèles défunts sont bien des fêtes de la Lumière et de l'Espérance. La première n'est pas la commémoration de personnages historiques passés mais l'espérance d'un avènement présent. La seconde n'est pas seulement le souvenir d'une douloureuse disparition, mais surtout le rappel d'une promesse, celle de la Vie éternelle.

 CONCLUSION ET PERSPECTIVES

fin de page

Halloween est une fête néo-païenne révélatrice de modernes superstitions reposant sur le paranormal, la parapsychologie, le spiritisme etc. La raison de son succès repose certainement sur le fait que dans nos sociétés modernes la sainteté et la mort ont peu ou pas de sens :

- D'une part, la mort est un sujet 'tabou' qui reste volontairement occulté parce qu'il fait peur . Halloween peut passer alors pour une sorte d'exutoire psycho-sociologique servant à 'exorciser' cette peur. Mais à quel 'esprit' fait appel cet 'exorcisme' ? La réponse, nous l'avons vu, est plus qu'inquiétante.

- D'autre part la sainteté est considérée au mieux comme une pieuse 'bondieuserie' relevant d'un ordre moral contraignant au lieu d'un témoignage véritable de la " liberté des enfants de Dieu " C'est pourquoi à l'Esprit de Sainteté, on préfère 'les' esprits de toutes sortes, plus proches de nos faiblesses naturelles, nous aidant même à les encourager.

Pourtant, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la diffusion d'Halloween est peut être l'occasion de rappeler aux enfants, aux adolescents et aux adultes le véritable sens que les évangélisateurs du haut moyen âge ont su donner aux antiques superstitions qui subsistaient alors à leur époque. C'est-à-dire le sens de la Vie - donc corrélativement celui de la mort -, et le sens de la Sainteté à la lumière de la Révélation. Ceci relève tout simplement de la catéchèse. L'Eglise a aussi une fonction d'enseignement des vérités de foi. Négliger cette fonction, c'est laisser le champ libre à toutes sortes de fausses croyances bien caractéristiques du monde.

Face à ces fausses croyances véhiculées en particulier par la pseudo-fête d'Halloween, on voit bien que les perspectives de Vie et de Sainteté offertes par l'Eglise sont beaucoup plus exaltantes que celle d'errer entre terre et enfer, une citrouille entre les mains.


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